On a eu des nouvelles d’Hamid le lendemain. Il est venu nous voir, un peu affolé. Il a cogné à ma porte et m’a demandé d’aller chercher Sean; il devait nous parler de toute urgence. Sean et moi n’étions pas du tout énervés par l’attitude d’Hamid. On était un peu curieux par contre. Hamid nous disait qu’il avait besoin d’aide. Il avait un peu étiré la vérité en ce qui concernait la fatwa et risquait d’être dénoncé. En fait, un ami lointain, un peu intégriste sur les bords, l’avait menacé d’en parler à un imam, et lui annonçait qu’il risquait fort d’être le sujet d’une fatwa, comme Salman Rushdie, s’il persistait avec ses projets de rassemblement. Hamid avait inventé le reste, en se disant que ce n’était qu’une question de temps pour que ça se réalise vraiment. Les journalistes insistant pour obtenir de l’information croustillante en échange du temps d’antenne qu’ils demandaient, il avait présenté la fatwa comme étant une réalité plutôt qu’une possibilité. Encouragé par l’enthousiasme des journalistes, il avait brodé autour de ça afin de leur en donner pour leur argent. Mais la fatwa ne s’était jamais matérialisée. Les imams avaient sûrement d’autres chats à fouetter que de songer à un québécois, fils d’immigrant, en mal de publicité. Les journalistes insistaient maintenant pour en savoir plus. Hamid nous demandait quoi faire. Il ne voulait surtout pas mettre en péril l’organisation du rassemblement à venir à Montréal, celui-ci devait se tenir coûte que coûte. Ça s’annonçait déjà très bien, tout le monde en parlait, des artistes et des politiciens voulaient y participer. On lui a d’abord suggéré de dire la vérité, mais pour Hamid, il n’était pas question de perdre la face aussi tragiquement. On a donc fait un peu de remue-méninges afin de trouver une façon de dire la vérité sans qu’Hamid ne perde trop la face. C’était vraiment amusant, on se sentait comme les conseillers du président Clinton après le scandale Monica Lewinsky. Après plusieurs suggestions, toutes rejetées par Hamid, on a fini par trouver l’option suivante : la connaissance d’Hamid (qui risquait peu de le dénoncer : il était retourné en Algérie pour visiter sa famille pour les prochaines semaines) lui avait annoncé l’existence d’une réelle fatwa, plutôt que de simplement l’en menacer. Il semblait maintenant s’avérer, jusqu’à nouvel ordre, que cette fatwa n’existait pas vraiment. En tout cas, il n’en avait jamais vu la preuve. Mais, il en restait très préoccupé et demandait aux journalistes de vérifier pour lui si cette fatwa existait vraiment ou pas. Ce dernier ajout était d’Hamid, qui en était très fier. Il allait réussir à se sauver la face, tout en gardant l’intérêt médiatique. C’était un as cet Hamid, on le reverra sûrement en politique un jour que je me suis dit. Après ce grand succès, j’ai quand même pris le temps de mentionner à Hamid que sa connaissance m’inquiétait, que ça pouvait peut-être être un terroriste en puissance, et qu’il faudrait peut-être parler de lui à quelqu’un. Il m’a regardé comme si j’étais un extra-terrestre ou un fou fini, et il s’est mis à rire. Je n’ai pas insisté, qu’est-ce que je pouvais faire de plus ?
Il ne nous restait plus qu’à souhaiter bonne chance à Hamid, qui s’en est allé guilleret. À part pour l’amusement du moment, son rassemblement nous laissait vraiment totalement indifférents. Le rassemblement de Montréal était prévu pour le 15 juillet, la même journée que notre mariage. C’est quand même assez comique !
Chapitre 8. Le mariage
Il nous restait à trouver la date du mariage. Pour ça, il fallait trouver une salle. Ça devait se faire un samedi, et dans le mois de juillet. Il n’y avait pas de raison d’étirer les choses. On ne voulait pas de cadeaux, simplement que tout le monde contribue pour rembourser les coûts de l’organisation de la journée. Avec mes contacts à l’université Laval, j’ai réussi à réserver la salle de l’agora du pavillon Alphonse-Desjardins. Les 15 et 22 juillet étaient disponibles. Catou et moi avons choisi le 15, il risquait d’y avoir moins de monde parti en vacances. On faisait l’annonce deux semaines à l’avance, c’était en masse. C’était parfait ! Ça coûtait pas cher, on connaissait la place, il y avait un bar et des cuisines à notre disposition. On pouvait même sortir s’il faisait beau. J’ai poussé l’audace jusqu’à me négocier des vignettes de stationnement gratuites pour les invités. Ceux qui venaient de l’extérieur et voulaient coucher sur place pouvaient profiter des coûts modiques des résidences. Ceux qui avaient un peu d’argent pouvaient s’arranger avec les hôtels du coin. Catherine et moi pouvions accueillir des personnes de nos familles immédiates voulant économiser.
Il n’y aurait pas de voyage de noces, pas avant la fin de la rédaction de ma thèse en tout cas. Comme on avait tous les deux déjà renouvelé nos baux, le 1er juillet approchait vite, on allait continuer d’avoir deux appartements à notre disposition pendant le temps qu’on se chercherait quelque chose de mieux. J’allais sûrement être capable de me trouver un job à Québec dans la prochaine année, en attendant que Catherine finisse sa maîtrise. Si on trouvait quelque chose rapidement, on pourrait toujours sous-louer à des étudiants.
J’ai décidé de ne pas me remettre à la rédaction de ma thèse tout de suite. J’allais m’y mettre à temps partiel à partir du lundi 3 juillet, afin de pouvoir aussi m’occuper des préparatifs du mariage. À ce moment-là, je n’aurai plus ce journal dans les pattes et j’aurai mis un point final à ma saga spirituelle. Le 17 juillet, je me consacrerai complètement à cette thèse, et j’ai bonne confiance de finir le tout au début de l’automne, quelque part en octobre. C’est ce que j’allais annoncer à Alain dans les prochains jours.
En attendant, j’ai lu un peu. Question de me détendre, de me changer les idées complètement. De réaliser qu’il n’y avait pas juste moi et mes problèmes dans la vie, que la terre continuait de tourner. J’ai commencé un livre, Les trois mousquetaires, de la lecture d’été, mais j’ai surtout lu des magazines, que j’ai achetés à la tabagie. Dans L’Actualité entre autres, je trouvais que plusieurs articles étaient écrits par des vieux pré-baby-boomers imbus d’eux-mêmes qui annonçaient des catastrophes à venir, étant donné qu’ils allaient bientôt mourir. Ils pensaient que la société ne pourrait pas survivre à leurs pertes : après moi le déluge ! J’avais envie d’écrire au courrier des lecteurs pour demander à tous ces croûtons de se tasser un peu pour laisser la place aux jeunes. Vous allez voir, on va certainement faire aussi bien, ou aussi mal (c’est selon) que vous. Faites-nous confiance un peu, vieux prétentieux, vieux désabusés ! Je ne l’ai pas fait… peut-être plus tard. En tout cas, on ne parlait nulle part du rassemblement de Québec dans ces magazines. L’événement était probablement trop récent, ou encore pas assez important.
Je suis allé voir Sean le mercredi. Je ne lui ai pas annoncé la grande nouvelle, puisque nous devions garder la primeur pour la fin de semaine. Je lui ai par contre dit que Catherine et moi n’étions plus en break. Il m’a dit qu’il le savait déjà, avec un sourire moqueur me laissant entendre que nos ébats avaient été sans doute un peu trop bruyants. C’était gênant, je suis rapidement passé à autre chose. Sean n’avait pas eu de nouvelles d’Hamid, et de son projet, depuis notre dernière rencontre. Il allait être de retour au lab le lundi 3 juillet, sa convalescence était donc presque terminée. Il se sentait tout à fait capable d’y retourner, il se disait en pleine forme, mais il n’avait pas hâte à cette échéance, puisqu’il n’aurait pas terminé son manuscrit sur l’individualisme conscient d’ici là. Il avait effectivement l’air très en forme, dans les circonstances. Il y avait plein de livres de théologie et de philosophie sur son bureau. Il prenait sa rédaction très au sérieux et se documentait pleinement. Il avait quand même réussi à rédiger une introduction d’une trentaine de pages pendant les derniers jours. J’étais maintenant fixé, il allait de l’avant avec son projet de rédaction. Il allait falloir que j’en tienne compte au moment de décider si j’allais essayer de faire publier mon propre document. Sean m’a demandé de lire son texte.
C’était plate, répétitif, prétentieux, froid, pleins d’analogies assez réussies avec des courants de pensée peu connus. Il parlait un peu de moi, en termes flatteurs, mais de manière assez minimaliste, ce qui m’allait très bien. À ma grande surprise, ce n’était pas très linéaire, un peu pêle-mêle, mais je jugeais que la qualité de l’écriture était bonne ; bien que je ne sois pas un expert en langue anglaise, ni en langue française d’ailleurs. J’étais loin d’être certain que ça allait être publié. Je savais par contre que Sean allait tout faire pour que ce soit le cas. Il m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai dit de façon diplomate que c’était un excellent début. C’était effectivement un bon début pour une thèse de philosophie, pas pour un livre grand public. J’admirais sa culture théologique cependant. Je l’ai laissé à sa rédaction, il était clair qu’il n’avait pas besoin de distractions présentement. Il voulait se donner complètement à sa mission d’écriture avant de devoir retourner au boulot. Je lui ai dit que je le verrais lundi prochain, au lab, où j’irais faire un tour… pour inviter tout le monde au mariage bien sûr.
Il n’y aurait pas de voyage de noces, pas avant la fin de la rédaction de ma thèse en tout cas. Comme on avait tous les deux déjà renouvelé nos baux, le 1er juillet approchait vite, on allait continuer d’avoir deux appartements à notre disposition pendant le temps qu’on se chercherait quelque chose de mieux. J’allais sûrement être capable de me trouver un job à Québec dans la prochaine année, en attendant que Catherine finisse sa maîtrise. Si on trouvait quelque chose rapidement, on pourrait toujours sous-louer à des étudiants.
J’ai décidé de ne pas me remettre à la rédaction de ma thèse tout de suite. J’allais m’y mettre à temps partiel à partir du lundi 3 juillet, afin de pouvoir aussi m’occuper des préparatifs du mariage. À ce moment-là, je n’aurai plus ce journal dans les pattes et j’aurai mis un point final à ma saga spirituelle. Le 17 juillet, je me consacrerai complètement à cette thèse, et j’ai bonne confiance de finir le tout au début de l’automne, quelque part en octobre. C’est ce que j’allais annoncer à Alain dans les prochains jours.
En attendant, j’ai lu un peu. Question de me détendre, de me changer les idées complètement. De réaliser qu’il n’y avait pas juste moi et mes problèmes dans la vie, que la terre continuait de tourner. J’ai commencé un livre, Les trois mousquetaires, de la lecture d’été, mais j’ai surtout lu des magazines, que j’ai achetés à la tabagie. Dans L’Actualité entre autres, je trouvais que plusieurs articles étaient écrits par des vieux pré-baby-boomers imbus d’eux-mêmes qui annonçaient des catastrophes à venir, étant donné qu’ils allaient bientôt mourir. Ils pensaient que la société ne pourrait pas survivre à leurs pertes : après moi le déluge ! J’avais envie d’écrire au courrier des lecteurs pour demander à tous ces croûtons de se tasser un peu pour laisser la place aux jeunes. Vous allez voir, on va certainement faire aussi bien, ou aussi mal (c’est selon) que vous. Faites-nous confiance un peu, vieux prétentieux, vieux désabusés ! Je ne l’ai pas fait… peut-être plus tard. En tout cas, on ne parlait nulle part du rassemblement de Québec dans ces magazines. L’événement était probablement trop récent, ou encore pas assez important.
Je suis allé voir Sean le mercredi. Je ne lui ai pas annoncé la grande nouvelle, puisque nous devions garder la primeur pour la fin de semaine. Je lui ai par contre dit que Catherine et moi n’étions plus en break. Il m’a dit qu’il le savait déjà, avec un sourire moqueur me laissant entendre que nos ébats avaient été sans doute un peu trop bruyants. C’était gênant, je suis rapidement passé à autre chose. Sean n’avait pas eu de nouvelles d’Hamid, et de son projet, depuis notre dernière rencontre. Il allait être de retour au lab le lundi 3 juillet, sa convalescence était donc presque terminée. Il se sentait tout à fait capable d’y retourner, il se disait en pleine forme, mais il n’avait pas hâte à cette échéance, puisqu’il n’aurait pas terminé son manuscrit sur l’individualisme conscient d’ici là. Il avait effectivement l’air très en forme, dans les circonstances. Il y avait plein de livres de théologie et de philosophie sur son bureau. Il prenait sa rédaction très au sérieux et se documentait pleinement. Il avait quand même réussi à rédiger une introduction d’une trentaine de pages pendant les derniers jours. J’étais maintenant fixé, il allait de l’avant avec son projet de rédaction. Il allait falloir que j’en tienne compte au moment de décider si j’allais essayer de faire publier mon propre document. Sean m’a demandé de lire son texte.
C’était plate, répétitif, prétentieux, froid, pleins d’analogies assez réussies avec des courants de pensée peu connus. Il parlait un peu de moi, en termes flatteurs, mais de manière assez minimaliste, ce qui m’allait très bien. À ma grande surprise, ce n’était pas très linéaire, un peu pêle-mêle, mais je jugeais que la qualité de l’écriture était bonne ; bien que je ne sois pas un expert en langue anglaise, ni en langue française d’ailleurs. J’étais loin d’être certain que ça allait être publié. Je savais par contre que Sean allait tout faire pour que ce soit le cas. Il m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai dit de façon diplomate que c’était un excellent début. C’était effectivement un bon début pour une thèse de philosophie, pas pour un livre grand public. J’admirais sa culture théologique cependant. Je l’ai laissé à sa rédaction, il était clair qu’il n’avait pas besoin de distractions présentement. Il voulait se donner complètement à sa mission d’écriture avant de devoir retourner au boulot. Je lui ai dit que je le verrais lundi prochain, au lab, où j’irais faire un tour… pour inviter tout le monde au mariage bien sûr.
Chapitre 8. 26 juin 2006
Le lendemain, Catherine est arrivée vers 8 heures. Elle avait l’air encore plus inquiet qu’hier. J’avais encore du pain sur la planche pour sauver les meubles. J’avais confiance cependant.
-Et puis, tu me crois maintenant ?
-Oui, je te crois, mais je te trouve pas mal con. Stéphanie ne prend pas ça si mal cependant, c’est ce que ses amies m’ont dit. Elle est déçue, mais elle est déjà en train de planifier qui sera sa prochaine cible semble-t-il.
La chronologie ne semblait pas prendre beaucoup d’importance dans le récit, alors il semblait que je m’en sois tiré. Stéphanie n’avait pas joué la comédie hier, elle n’était pas bouleversée par ma décision. C’était une bonne chose dans un sens, mais dans un autre, mon orgueil se sentait un peu blessé. Il le méritait bien après tout, il avait juste à ne pas s’être enflé autant.
-Tant mieux pour Stéphanie, mais ce n’est pas elle qui m’intéresse en ce moment.
-Je m’excuse d’avoir douté de toi Jeff. Je suis pas mal déçue de ma réaction. J’ai été tout simplement jalouse. Je me demande sérieusement si je suis prête pour le mariage, j’en doute beaucoup.
-De quoi tu parles ? Tu avais toutes les raisons d’être jalouse. Ça méritait des explications de ma part. Tu les as eues et maintenant c’est tout ! On a pas besoin de se culpabiliser pour ça.
-Mais tu ne comprends pas. La période de pause, c’était pour s’assurer que l’on soit prêt pour le mariage. Maintenant, je ne suis pas du tout certaine que je sois prête. La jalousie est un très grave défaut. Il va falloir que je corrige ça avant de m’engager.
Là, j’ai commencé à pogner un petit peu les nerfs. J’avais chaud aux tempes et j’essayais de me contrôler. Je n’allais quand même pas perdre Catherine parce qu’elle se sentait coupable de se fâcher quand je fais des conneries !
-Là, ça va suffire ! S’il faut absolument être certain avant de faire quoi que ce soit, on ne fera rien du tout. Il y en a toujours des risques. S’ils sont mesurés, si le gain potentiel dépasse les risques, alors on y va ! Si tu attends d’être certaine, tu vas attendre longtemps. Fais comme ma vieille tante, entre chez les sœurs et maries-toi avec Dieu ! Avec lui, tu vas être sûre. En plus de ça, dans ce cas-là, c’est moi qui prends le risque, c’est toi qui a ce si vilain défaut. Laisse moi décider si je veux le prendre ou pas, ce risque. Moi, je te dis que je veux le prendre, ce risque. J’en ai plein de défauts moi aussi, alors on ne va pas commencer à faire un concours pour savoir celui qui en a le plus. Moi je les aime tes défauts ! Je t’aime ciboire !
J’étais vraiment en feu. Pendant ma tirade, je voyais une petite étincelle s’allumer dans les yeux de Catherine, elle avait l’air d’aimer ça me voir de même la petite bonyenne ! Même si ça semblait tourner en ma faveur, j’étais vraiment plus capable de m’arrêter. L’adrénaline était sortie et il fallait la consumer.
-Calme-toi Jeff, je comprends ce que tu dis. On a encore quelques jours avant la fin de la pause pour tout régler ça.
-Parle-moi pas du tabarnak de break, je le déclare fini le tabarnak de break ! Je n’en peux plus du tabarnak de break ! Je t’aime, tu m’aimes, on s’aime, on se marie ! Pas besoin d’un break pour comprendre ça !
Elle est partie à rire en disant de manière exagérée :
-Tabarnak !
-C’est pas drôle Catherine, tu m’as mis sur le gros nerf.
-Maudit que je t’aime quand tu te bats pour moi ! Je commençais à croire que tu étais effectivement un peu mou. Finalement, c’est pas du tout le cas !
Et on s’est embrassés passionnément. C’est un autre excellent moyen de brûler un surplus d’adrénaline. Je ne conterai pas la suite, c’est personnel. Mais disons que ça confirmait que le break était enfin fini, on allait se marier.
En écrivant le compte-rendu d’aujourd’hui, j’ai décidé que je finirais ce récit avec l’annonce de notre mariage à ma famille, soit le 1er juillet. On venait de décider de descendre à Montréal pendant cette fin de semaine et d’en faire l’annonce.
-Et puis, tu me crois maintenant ?
-Oui, je te crois, mais je te trouve pas mal con. Stéphanie ne prend pas ça si mal cependant, c’est ce que ses amies m’ont dit. Elle est déçue, mais elle est déjà en train de planifier qui sera sa prochaine cible semble-t-il.
La chronologie ne semblait pas prendre beaucoup d’importance dans le récit, alors il semblait que je m’en sois tiré. Stéphanie n’avait pas joué la comédie hier, elle n’était pas bouleversée par ma décision. C’était une bonne chose dans un sens, mais dans un autre, mon orgueil se sentait un peu blessé. Il le méritait bien après tout, il avait juste à ne pas s’être enflé autant.
-Tant mieux pour Stéphanie, mais ce n’est pas elle qui m’intéresse en ce moment.
-Je m’excuse d’avoir douté de toi Jeff. Je suis pas mal déçue de ma réaction. J’ai été tout simplement jalouse. Je me demande sérieusement si je suis prête pour le mariage, j’en doute beaucoup.
-De quoi tu parles ? Tu avais toutes les raisons d’être jalouse. Ça méritait des explications de ma part. Tu les as eues et maintenant c’est tout ! On a pas besoin de se culpabiliser pour ça.
-Mais tu ne comprends pas. La période de pause, c’était pour s’assurer que l’on soit prêt pour le mariage. Maintenant, je ne suis pas du tout certaine que je sois prête. La jalousie est un très grave défaut. Il va falloir que je corrige ça avant de m’engager.
Là, j’ai commencé à pogner un petit peu les nerfs. J’avais chaud aux tempes et j’essayais de me contrôler. Je n’allais quand même pas perdre Catherine parce qu’elle se sentait coupable de se fâcher quand je fais des conneries !
-Là, ça va suffire ! S’il faut absolument être certain avant de faire quoi que ce soit, on ne fera rien du tout. Il y en a toujours des risques. S’ils sont mesurés, si le gain potentiel dépasse les risques, alors on y va ! Si tu attends d’être certaine, tu vas attendre longtemps. Fais comme ma vieille tante, entre chez les sœurs et maries-toi avec Dieu ! Avec lui, tu vas être sûre. En plus de ça, dans ce cas-là, c’est moi qui prends le risque, c’est toi qui a ce si vilain défaut. Laisse moi décider si je veux le prendre ou pas, ce risque. Moi, je te dis que je veux le prendre, ce risque. J’en ai plein de défauts moi aussi, alors on ne va pas commencer à faire un concours pour savoir celui qui en a le plus. Moi je les aime tes défauts ! Je t’aime ciboire !
J’étais vraiment en feu. Pendant ma tirade, je voyais une petite étincelle s’allumer dans les yeux de Catherine, elle avait l’air d’aimer ça me voir de même la petite bonyenne ! Même si ça semblait tourner en ma faveur, j’étais vraiment plus capable de m’arrêter. L’adrénaline était sortie et il fallait la consumer.
-Calme-toi Jeff, je comprends ce que tu dis. On a encore quelques jours avant la fin de la pause pour tout régler ça.
-Parle-moi pas du tabarnak de break, je le déclare fini le tabarnak de break ! Je n’en peux plus du tabarnak de break ! Je t’aime, tu m’aimes, on s’aime, on se marie ! Pas besoin d’un break pour comprendre ça !
Elle est partie à rire en disant de manière exagérée :
-Tabarnak !
-C’est pas drôle Catherine, tu m’as mis sur le gros nerf.
-Maudit que je t’aime quand tu te bats pour moi ! Je commençais à croire que tu étais effectivement un peu mou. Finalement, c’est pas du tout le cas !
Et on s’est embrassés passionnément. C’est un autre excellent moyen de brûler un surplus d’adrénaline. Je ne conterai pas la suite, c’est personnel. Mais disons que ça confirmait que le break était enfin fini, on allait se marier.
En écrivant le compte-rendu d’aujourd’hui, j’ai décidé que je finirais ce récit avec l’annonce de notre mariage à ma famille, soit le 1er juillet. On venait de décider de descendre à Montréal pendant cette fin de semaine et d’en faire l’annonce.
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