Épilogue

Ceci met un terme à ce premier tome d’une trilogie. Le deuxième tome, Le journal de Jean-François Lafleur, parlera d’un père de famille et époux dans la quarantaine qui vient de perdre son emploi et remet sa vie en question. Le troisième tome, Le journal de Jean-François Laplante, parlera d’un grand-père veuf atteint de la maladie d’Alzheimer, faisant face à son déclin et sa mort.

Si je reçois suffisamment de commentaires positifs en ce qui concerne ce premier tome, je trouverai peut-être la motivation pour compléter l’écriture de ces deux prochains tomes. Tous vos commentaires sont les bienvenus !

À la prochaine peut-être !

Jocelyn

P.S. Merci à Natalie pour ses corrections et son support.

Chapitre 8. C'est ça qui est ça!

Finalement, j’ai décidé que je ne publierais jamais ce manuscrit (je ne sais toujours pas exactement comment l’appeler). Catherine ne trouve pas que ce serait une bonne idée et je ne suis pas sûr que ça intéresserait grand monde de toute façon. Il y a aussi le problème de Sean et de son propre livre. La nécessité de demander à tout le monde leur autorisation avant de rendre le document public. Il faudrait en plus que je réécrive à peu près tout, puisque la qualité du français laisse à désirer. Ça a joué le rôle thérapeutique que ça devait jouer, et c’est peut-être une bonne chose que ça se limite à ça. Ça me fait quand même un beau souvenir pour mes vieux jours. Je vais donc limiter l’autorisation de lecture de ce texte à Catherine (dans quelques mois, question de laisser tomber la poussière sur certains événements sensibles) et à nos futurs enfants. Je sais que ça va me chicoter longtemps de savoir si j’aurais dû ou non au moins essayer ; mais je n’ai qu’une parole ! Pour mes futurs enfants, je leur demande de respecter aussi cet engagement, même après ma mort. Je leur demande d’en limiter la diffusion à leurs seuls enfants également. Dans quelques générations, ce récit deviendra peut-être un best-seller (sans vente), si les Lahaie sont le moindrement prolifiques.

Je ne trouve pas non plus que le concept d’individualisme conscient mérite que l’on écrive un livre à ce sujet. Ma conclusion, c’est que chacun doit vivre sa spiritualité de manière individuelle et en privé ; les religions, les sectes, les croyances religieuses c’est inquiétant. C’est sans doute un mal nécessaire, incontournable, mais d’après moi, ça ne doit certainement pas être encouragé. Publier ce livre viendrait en partie contredire cette conclusion en présentant une idéologie pour adoption. J’espère aussi de tout cœur que Sean ne publiera jamais son livre à ce sujet.

J’ai aussi découvert, pendant cette rédaction, que l’altruisme vrai existait, mais qu’en fait c’est l’amour ; je parle de l’amour du conjoint, l’amour d’une vie. Il faudrait retirer le mot altruisme du dictionnaire, il est inutile et crée de la confusion. Quand on confond son bien-être avec celui de l’autre, c’est seulement à ce moment-là que l’altruisme existe vraiment. Sinon, c’est de la générosité apporté par notre individualisme conscient et notre volonté de se valoriser. Si j’écris un jour un livre, ce sera sur l’amour. C’est magique l’amour ! C’est peut-être ça Dieu, c’est l’amour ! Pas besoin de religion pour s’aimer, juste besoin d’être chanceux et de se laisser aller à sa poésie.

Bon, je sais plus trop comment finir tout ça. J’étire la sauce, on dirait que je ne veux plus finir… OK, salut !

Chapitre 8. J'ai l'feu

On a jugé mon tacot encore assez fiable pour faire la route Québec-Montréal. On est parti vendredi soir, après souper, afin d’arriver à temps à Montréal pour voir des feux d’artifices de la fête du Canada. On s’est rendu directement au Mont-Royal. On s’est trouvé un petit spot tranquille (pas facile !), avec une belle vue sur le centre-ville. On s’était amené une couverture, une lampe de poche, des chips, du champagne et des verres. C’était du vrai champagne, pas du vin mousseux ; ce qu’on soulignait en valait la peine ! Par contre, question d’économie, c’était une demi-bouteille. On allait pas se saouler avec ça. Les chips avec le champagne, je sais que ça faisait un peu cheap, mais on aimait tellement ça. J’étais un peu inquiet que le voyage ait trop brassé la bouteille de champagne et que l’on en aurait plus sur nos vêtements que dans le gorgoton. Mais, dans notre état, ça n’aurait pas causé de drame, juste une anecdote de plus. À 10 heures précises, sachant que les feux d’artifices étaient sur le point d’être déclenchés, j’ai ouvert la bouteille d’un beau pop ! Je m’en faisais pour rien, le bouchon a fait un vol plané sans blesser personne, et le contenu de la bouteille est resté bien en place. Le pop de ma bouteille a été suivi presqu’immédiatement d’un autre pop, à proximité, provenant du premier pétard de la soirée. Comme si j’avais donné le signal de départ ! D’autres pop ont suivi, à gauche, à droite. De là où on était, on pouvait voir au moins quatre différents feux. Certains sur la rive-sud que l’on devinait à peine. La soirée était superbe et Catherine était ravie. On était les rois du monde ! Comme dans Titanic. Moi qui n’aime pas particulièrement le champagne, je lui ai trouvé un goût plutôt intéressant, dans l’euphorie du moment. Nos deux petites coupes chacun n’ont pas fait long feu (dans le sens de feu d’artifice, la pognez-vous ?). Le baiser suivant, lui par contre, n’était pas piqué des vers, question durée et qualité. Il ne fallait pas rentrer trop tard puisque l’on devait coucher chez mes parents. Comme les feux étaient terminés, on pouvait y aller et en profiter pour faire un détour vers un bar laitier. Je ne crois pas que j’avais jamais été aussi heureux de toute ma vie !

Évidemment, chez mes parents, pas question de coucher dans la même chambre. J’espérais bien que notre annonce du lendemain allait changer les choses une fois pour toutes.

On a fait l’annonce autour du déjeuner. Tout le monde semblait ravi. On a évidemment pas expliqué tout de suite que l’on ferait ça à notre façon, mais il a fallu y venir assez tôt, ma mère demandant sans arrêt dans quelle église on allait faire ça. Ça a créé un petit froid, le temps d’un instant, et puis on a oublié ça, et on s’est remis à célébrer ce grand événement. En tout cas, mes parents ne posaient plus du tout de questions par rapport aux modalités du mariage, ils avaient bien trop peur de ce que je pourrais leur répondre. Ma mère devait tout de même être soulagée que l’on ne se marie pas dans une autre religion. Catherine a appelé ses parents, j’ai appelé mes sœurs. Tout le monde était content, et tout le monde était disponible le 15 juillet; ou ils allaient s’arranger pour l’être. Le sablier pouvait donc officiellement être retourné, le décompte était en marche !